Combien coûte un cheval : être propriétaire

Combien coûte un cheval ? Nous recevons régulièrement cette question sur nos réseaux sociaux. “J’aimerais avoir mon propre cheval, mais combien ça coûte à entretenir ?” En effet, si l’équitation s’est fortement démocratisée ces 20 dernières années, cela reste une pratique comprenant un animal vivant et sensible. Celui-ci implique un budget vraiment pas négligeable à anticiper avant tout projet.

Nos conseils sur le sujet :

  1. Combien coûte un cheval : prévoyez large !
  2. L’achat du cheval
  3. Les frais récurrents (liste non-exhaustive)
  4. La formation du cavalier
  5. Les frais imprévus (liste non-exhaustive)
  6. Conclusion

1. Combien coûte un cheval : mieux vaut prévenir que guérir

Alors du coup… Combien ça coûte, exactement ? Allons droit au but : ça dépend.

Il y a de nombreux paramètres à prendre en compte, il s’avère donc très compliqué de donner un chiffre précis. Par contre, on peut faire une petite liste des coûts indispensables, ainsi que des (nombreux) imprévus qui peuvent venir plomber le portefeuille de tout propriétaire de cheval. Et ceux-là nécessitent parfois de sortir d’un coup plusieurs milliers d’euros… Autant bien préparer une telle éventualité pour éviter des choix très difficiles.

Gardons tout de même une chose en tête : avoir son propre cheval est un petit luxe que tout le monde ne peut malheureusement pas s’offrir. Dans certaines circonstances, il est tout de même possible d’offrir le meilleur à son cheval sans rouler sur l’or, cependant, il faut bien garder en tête qu’avoir son propre cheval est une très grande responsabilité. Par conséquent, nous ne sommes jamais  à l’abri d’un imprévu important.

Enfin, chacun ses standards : chaque propriétaire aura une vision différente d’une “bonne” gestion du cheval. Si, pour certains, une algothérapie ou un massage tous les mois est indispensable, pour d’autres, on sautera une année de dentiste ou d’ostéopathie. Ici, nous vous proposons notre liste, basée sur notre vision : celle-ci est bien entendue subjective.

cavalière souriante à pied avec son cheval noir

2. L’achat du cheval : combien ça coûte, un cheval ?

Evidemment, le premier achat est celui du cheval en question.

Les prix varient tellement qu’on préfère passer cette étape que l’on abordera plus amplement dans un prochain article. Sachez toutefois que si vous n’avez pas les moyens de vous offrir un cheval à plusieurs milliers d’euros, en « sauver » un à bas prix n’est pas toujours le plus économique : il faudra vous assurer qu’il est en bonne santé et qu’il ne va pas occasionner des milliers d’euros de frais vétérinaire (bien qu’un cheval à plusieurs milliers d’euros puisse également occasionner ce genre de frais… bref). 

On parle ici de quelques centaines d’euros à … plusieurs dizaines de milliers, dépendant de votre budget et de vos objectifs sportifs (ou non) !

cavalière sur un poney haflinger

3. Les frais prévisibles et récurrents

a. La pension

Ici encore, les prix varient extrêmement en fonction de plusieurs paramètres :

  • vos souhaits en termes d’installations et de confort,
  • votre région,
  • le type de prestations fournies.

En Belgique, les prix varient entre 150€ et 800€ par mois pour une pension simple (comprendre : pas une pension travail). On paie évidemment beaucoup moins cher une pension « pré » sans installations qu’une pension box (qui nécessite plus d’entretien) avec piste couverte, club house,…

Le choix des installations est personnel, et varie en fonction des désirs et objectifs de chacun. Le choix du mode de vie pour le cheval doit être réfléchi en fonction de celui-ci, ainsi que des objectifs sportifs éventuels : on vous renvoie vers l’article écrit en collaboration avec Fouganza pour plus d’infos !

cheval arabe regarde par la fenêtre de son boxe

On peut aussi aborder le fait d’avoir un cheval chez soi ou de louer un terrain et s’en occuper soi-même. On pense souvent que ce mode de fonctionnement permet d’économiser beaucoup d’argent, mais il faut vraiment faire ses calculs avant de s’engager là-dedans. Il faudra sans doute investir dans du BON matériel de clôture (non, les piquets provisoires en plastique ne sont pas faits pour durer indéfiniment et ne seront d’aucun utilité pour retenir un cheval qui tenterait de passer au travers), dans l’aménagement d’un abri, éventuellement dans la stabilisation d’une zone selon la région où vous vivez.

Il faudra ensuite acheter la paille, le foin, la nourriture éventuelle, fournir de l’eau et de l’électricité pour les clôtures. Et surtout : fournir du temps. Avoir son cheval chez soi ou sur un terrain privé est très chronophage ! Il faut aller vérifier que tout va bien, changer l’eau, nourrir, apporter le foin, éventuellement faire des rotations de parcelles, réparer des dégâts dans les clôtures, tailler d’éventuelles hautes herbes ou haies qui pourraient gêner la circulation de l’électricité,… Bref, il faut bien réfléchir en amont et savoir dans quoi on s’engage avant de sauter le pas !  

b. Les compléments en vitamines et minéraux

On en parle beaucoup ces dernières années, et c’est une bonne chose ! La plupart des chevaux (même ceux au pré) ont besoin d’un complément à leur ration ou aux apports de l’herbe/foin afin de ne pas être carencés en vitamines et minéraux. Pour plus d’infos, rendez-vous dans notre programme sur les bases de la nutrition avec Angélique Descarpentry !

Il existe de nombreux compléments dans le commerce, avec des prix variés. Difficile de donner une fourchette, surtout que tous les chevaux ont des besoins différents, également en fonction de leur lieu de vie et de leur activité. Mais il faudra compter au minimum une quinzaine d’euros par mois, et au maximum quelques dizaines.

c. Le maréchal ou le pareur

Selon les besoins de votre cheval, le maréchal ou le pareur devra passer toutes les 5 à 7 semaines en moyenne. Un parage coûte entre 35 et 50€, une ferrure généralement entre 70 et 120€ selon le nombre de pieds et le type de fer, parfois bien au-delà pour les chevaux pathologiques.

d. Les vaccins  

Sans entrer dans le débat pour ou contre la vaccination, la plupart des pensions exigent que les chevaux soient en ordre notamment pour le tétanos, la grippe et la rhino. Pour un shot annuel, il faudra compter entre 20 et 80 euros selon le type de vaccin, et sans les frais de déplacement du vétérinaire. 

e. Les vermifuges

La plupart du temps, on considère qu’il faut vermifuger les chevaux 4 fois par an. Le mieux est de passer par une coprologie qui permettra de déterminer si oui ou non votre cheval doit être vermifugé, et avec quelle molécule, ceci afin d’éviter de détruire sa flore intestinale (et l’environnement !) inutilement. Il faut compter entre 15 et 25€ pour un vermifuge classique, et la même chose pour une coprologie. 

f. Le dentiste

Case obligatoire et non négociable, celle du dentiste ! Et ceci, que vous montiez en mors, en licol, ou que vous ne montiez pas du tout : les surdents chez le cheval peuvent provoquer de vives douleurs et l’empêcher de s’alimenter correctement. Sans parler des diastèmes, d’éventuelles irritations bucales, de soucis de langue… On comptera entre 80€ et 120€ pour le passage du dentiste une fois l’an (ou plus, si votre cheval a besoin de soins spécifiques, ou moins s’il a une super dentition). 

g. L’ostéopathe

Passage également obligatoire pour tout cheval monté au moins une fois par an pour vérifier que tout va bien (et idéalement aussi pour les chevaux non montés qui peuvent se bloquer des choses au pré … vous n’allez pas prétendre que vous ne vous êtes jamais fait mal en vous levant de votre lit ou de votre canapé en faisant un faux mouvement !). Il faudra compter entre 75€ et 120€ la séance. 

En plus : si en plus des soins de base, vous souhaitez vraiment être aux petits soins avec votre cheval, vous pourrez également lui offrir des séances de shiatsu, de massage, d’enveloppement aux algues, d’hydrothérapie,… On vous l’a dit : le cheval, c’est un animal de luxe.

gros plan tête cheval noir avec son filet

h. Les frais matériels 

Une fois que vous avez le cheval et la pension, le plus gros investissement en terme matériel sera sans doute la selle. Une selle d’occasion peut coûter moins de 100€, une selle neuve haut de gamme jusqu’à au moins 6000€. Elle sera à choisir en fonction de vos moyens, de votre discipline de prédilection et de vos objectifs sportifs. Attention cependant, une selle même d’occasion doit être adaptée à votre cheval, mais également à vous. Une selle qui ne convient pas peut engendrer des douleurs et des blocages sévères (chez le cheval, mais chez vous aussi !) voire carrément causer des blessures. Il est donc judicieux de faire passer un ergonome (nous, on adore l’équipe d’Ergonomie Equestre) qui pourra juger de l’adaptation de la selle au couple cavalier/cheval.

Une séance coûte environ 100€, mais peut vous faire économiser beaucoup d’argent par la suite ! On vous renvoie vers le blog de saddlefitting.fr pour plus d’infos à ce sujet, ou sur notre programme Horsemanship & Sport

Séance de saddle fitting

Tant qu’on parle d’adaptation du matériel, il peut aussi être sacrément utile de faire appel à un bitfitter pour l’adaptation du filet et du mors (ou de l’ennasure, oui oui, aussi !) de votre cheval, afin qu’il trouve chaussure à sa … Euh enfin, qu’il ait quelque chose d’adapté sur la tête quoi. On comptera également une centaine d’euros pour la visite, et entre 25 et 100€ pour un mors (c’est souvent la pièce principale qui doit être changée). Les frontaux sont souvent mal adaptés, on comptera une vingtaine d’euros pour le remplacement. On vous recommande l’excellent blog de Laetitia Ruzzene.

gros plan bouche cheval isabelle avec filet sans muserolle

On ne compte pas ici tout le petit matériel nécessaire au quotidien : matériel de pansage, tapis de selle, matériel pour le travail à pied, votre propre équipement d’équitation,…

4. La formation du cavalier

Combien coûte un cheval, c’est également combien coûte le cavalier ! Le coût d’un cheval n’inclut pas nécessairement le coût de la pratique de l’équitation… En effet, le prix des leçons, des stages, des transports du cheval, de l’achat de programmes, d’ouvrages, participation à des compétitions, etc est à prendre en compte dans votre budget. Bien entendu, si vous êtes très investi dans votre pratique équestre, votre budget sera bien plus conséquent que si vous ne prenez qu’un cours par mois.

Voici quelques fourchettes concernant uniquement votre formation de cavalier :

  • leçon individuelle : de 25 à 100€ en fonction des enseignants
  • prix d’un stage (toute discipline confondue) : entre 150 et 1000€
  • transport d’un cheval : compter minimum 150€, jusqu’à plusieurs centaines d’euros si vous prenez un transporteur

Si vous souhaitez faire une à plusieurs leçons hebdomadaires, le coût peut vite s’élever à plusieurs centaines d’euros par mois. Intégrez ce coût afin de ne pas être surpris et de pouvoir pratiquer pleinement.

Deux cavalières à cheval

5. Les frais imprévus

La plupart d’entre vous sont bien au courant : un cheval, ça peut coûter extrêmement cher, très vite et de façon très subite.

Un abcès, une colique, une entorse, une vilaine plaie,… tout est possible ! Il vaut mieux toujours avoir un peu (ou beaucoup…) d’argent de côté pour pouvoir faire face à toutes les situations imprévues. Un passage en clinique pour des examens complémentaires à une visite vétérinaire classique peut vite coûter cher, et ne parlons pas d’une éventuelle chirurgie pour coliques ou blessure grave. Pour donner une fourchette, certaines coliques coûtent entre 2000 et 6000€ de frais. Dans certaines cliniques, il faudra les payer en une fois. Soyez donc parés à cette éventualité.

Il peut être intéressant de se pencher sur les assurances qui peuvent prendre en charge une partie des frais vétérinaires pour maladie, accident ou mortalité. Selon les assureurs et selon les formules choisies (et selon le prix du cheval, aussi) on peut aller de 250€ par an pour une assurance classique pour coliques, à plusieurs centaines d’euros par an pour des assurances plus complètes.

Si vous souhaitez plus d’informations sur le sujet, nous vous invitons à lire notre article dédié sur l’assurance du cheval.

6. Conclusion

Vous l’aurez compris, à la question : combien coûte un cheval ? Il est vraiment difficile de donner un budget précis par mois ou par an, étant donné que tous les prix varient en fonction de nombreux éléments (région, envies, moyens, objectifs,…). On peut tout de même estimer que 2000€/an au minimum seront nécessaires pour assurer les soins de base (nourriture, parage, vaccins, dentiste, vermifuges,…) d’un cheval. Le montant peut facilement tripler si votre cheval est en pension. Il vous faudra également prévoir dans votre budget tout ce qui est cours, concours et autres extras qu’on a souvent envie de se permettre quand on a son propre cheval…

cheval de CSO bai avec sa cavalière

Et puis dans la plupart des cas en réalité, une fois qu’on a le cheval, on essaie de ne pas trop calculer combien il nous coûte parce qu’on a pas très envie de réfléchir à la ruine que ça représente (et aux vacances qu’on aurait pu s’offrir, ou la nouvelle voiture, ou … bref) parce que de toute façon on l’aime et tant pis !

Sources :

Lucie Gérard, cofondatrice de Blooming Riders.

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