De l’art de la communication pacifique : et si les cavaliers se comprenaient mieux ?

Nous sortons aujourd’hui de nos conseils pratiques habituels pour aborder un sujet un peu plus philosophique et qui, chez Blooming Riders, nous tient à coeur : comment construire de véritables ponts entre les cavaliers ? En effet, si vous êtes cavalier et propriétaire, cela ne vous aura pas échappé qu’il existe non pas un monde équestre, mais des dizaines de monde équestres, aux cultures et aux normes différentes. Comment faire pour coexister et se tirer vers le haut mutuellement ?

Nos conseils sur le sujet

  1. Le parcours du classique vers l’alternatif
  2. La réalité du terrain : apprendre à objectiver
  3. Comprendre notre fonctionnement humain
  4. Utiliser les techniques de gestion émotionnelle
  5. Utiliser les techniques de communication
  6. Construire des ponts, pas ériger des murs
  7. Communiquer et éduquer : la mission de Blooming

L’autre jour, l’équipe de Blooming Riders échangeait sur la diversité étonnante de points de vue et de pratiques du monde équestre. Le coeur de notre mission est, certes, d’éduquer les cavaliers à mieux comprendre et à mieux éduquer, entraîner et gérer leurs chevaux. Finalement, celle-ci est étroitement reliée au dialogue, à l’échange, à l’ouverture d’esprit ainsi qu’à la tolérance. Ça tombe bien, c’est le sujet du jour.

1. Un parcours de cavalière : du classique, vers l’alternatif

Je me permets de raconter mon propre cheminement intellectuel équestre afin d’illustrer mes propos. Je m’excuse d’avance, je choisis d’utiliser les mots “classiques” et “alternatifs” pour une meilleure compréhension du lecteur ; cependant, je n’aime moi-même plus faire ce genre de catégorisation (vous comprendrez pourquoi).

Depuis que je suis devenue professionnelle à temps plein, que j’ai visité des cavaliers de tous bords, d’expériences différentes, des écuries aux approches très variées, j’ai mis pas mal d’eau dans mon vin. En effet, comme beaucoup de jeunes cavalières, j’ai été terriblement passionnée par les chevaux et, très vite, j’ai été dégoutée par les pratiques archaïques qui continuent à prospérer. Voir des chevaux enfermés 24/24, 7/7, dans des écuries sombres, sans contacts sociaux, avec, pour seule sortie, leur séance de travail avec un très mauvais cavalier, avec une selle qui les blessait, un enrênement serré et une séance qui faisait plus de mal que de bien… Ça m’a profondément touchée et je ne pouvais pas ignorer tout cela. J’ai eu envie d’agir. J’ai eu envie de me battre pour ces animaux qui m’ont tant fait vibrer, qui m’ont tant passionnée.

Alors j’ai ouvert un blog. J’étais profondément en colère, blessée, comme si c’était moi, ces chevaux que je voyais souffrir régulièrement. Puisqu’on est en 2020, l’ère d’internet, des réseaux sociaux, et de l’information en quantité astronomique et en qualité faible, j’ai évidemment passé beaucoup de temps sur diverses communautés en lignes de toutes formes de cavaliers qui pensaient comme moi. Un biais naturel des réseaux sociaux que je connais bien… Et qui est d’ailleurs représenté d’une façon magistrale dans ce tout nouveau documentaire de Netflix :

J’ai découvert toutes les tendances “alternatives” dont je n’avais pas entendu parler : pied-nu, hébergements alternatifs (paddock paradise, écurie active, etc), sans mors, sans arçon, et toute la liste du parfait cavalier respectueux. Cela m’a chamboulée. Je ne connaissais pas tout ça, et j’ai foncé. J’étais très jeune, j’étais sensible, et j’étais pleine de bonne volonté.

Or, toute cette démarche, tous ces échanges, tout cela était très théorique. En effet, j’avais deux chevaux, je n’avais pas un très bon niveau ni au sol, ni à cheval, et j’étais très sensible à la culpabilisation qui va de pair, souvent, avec ces communautés alternatives. Le typique rejet de l’unique personne ayant osé ferrer, remettre un mors, ou rentrer au boxe le soir… Je le craignais, même assez fort, à vrai dire. Ainsi, je culpabilisais énormément de mes erreurs passées. Et je ne voulais plus les reproduire. Je voulais tout le bien du monde pour mes chevaux, et j’avais besoin de simplifier : j’avais besoin d’une vérité simple, celle qui guiderait toutes mes actions et mes choix, celle qui ferait office de référence pour m’aider dans cette activité très difficile qu’est cavalier et propriétaire de cheval.

Tout comme n’importe quel individu désenchanté recherche de la spiritualité, moi, cavalière perdue et paumée, j’avais besoin qu’on me dise quoi faire pour me sentir soulagée des fardeaux de la vie propriétaire. Alors j’ai suivi, plutôt aveuglément dans un premier temps, les préceptes du “propriétaire alternatif” idéal d’internet. Pas de fers, prairie H24, en troupeau, équitation orientée française (allemand c’était plutôt mal vu), j’ai même commencé à culpabiliser de mettre un mors et j’ai bricolé des outils sans mors.

Pendant ce processus, j’ai fait de nombreuses bêtises (encore). En réalité, j’ai fait les mêmes qu’avant, simplement, la direction prise était différente. J’ai oublié d’observer réellement mes chevaux, j’ai oublié de garder un esprit tolérant et ouvert. Je râlais contre les personnes “de l’autre bord” qui manifestait de l’intolérance, en critiquant allègrement leurs faits et gestes. Cet art d’être intolérant quand on souhaite que les autres soient tolérants, c’est un phénomène répandu et pas besoin de chercher très loin pour le trouver. C’est humain. On l’a tous fait.

Je n’étais pas dans un état d’esprit basé sur les faits et sur l’observation la plus objective possible, mais plutôt dans un moule basé sur une optique unique (nourri abondamment par les réseaux sociaux). C’était comme si j’étais incapable de voir les choses autrement que sous un filtre très particulier et plutôt restreint. Mais l’élément à retenir, ici, c’est surtout que je rencontrais une forme de certitude mélangée à un besoin d’appartenance, et surtout, d’appartenance aux “gentils”. C’est là, que, souvent, le bât blesse en termes de communication et d’ouverture.

2. La réalité du terrain : apprendre à objectiver

Lorsque j’ai commencé à explorer le terrain en tant qu’enseignante de horsemanship, j’ai pris quelques claques. J’ai travaillé dans des écuries de toutes sortes, et la réalité m’a remise sérieusement à ma place. Mes principes très obtus ont dû sérieusement s’élargir. J’ai vu la réalité du terrain : celles de la vraie vie, des vrais gens, des vrais chevaux et des vraies écuries, pas celle toute rose d’internet et de sa vérité facile et rassurante. Autrement dit, j’ai été réellement confrontée au vivant et à toutes ses couleurs, ses facettes, qui m’ont fait comprendre que la vie, c’était plus complexe que ça. Et que même si cela me faisait bizarre, même si c’était du coup très difficile de faire des choix, de prendre certaines directions, c’était les faits observables.

Plus mon expérience s’est enrichie, plus je suis devenue nuancée… J’ai profondément compris le sens de cette idée que chaque cheval vous rappelle que vous ne savez rien. C’est valable globalement pour tout ce qui relève du vivant. L’histoire ne s’arrêtera jamais vraiment. Je suis un peu devenue la Suisse alors que j’ai un fort caractère et que j’aime bien avoir des avis tranchés. Mais… Les faits parlent d’eux-mêmes.

Voilà. Je vous raconte toute ma vie car je suis sûre que cela va faire écho chez beaucoup d’entre vous.

Alors maintenant, passons à la pratique.

Comment fait-on pour se défaire de nos biais innés ? Comment fait-on pour avoir quand même un point de vue et ne pas être un individu sans posture, à l’heure où tout un chacun est révolutionnaire de tout et n’importe quoi ? Comment fait-on pour faire des choix ? Comment peut-on s’assurer qu’on se base sur nos observations factuelles, et comment s’assurer que nos observations sont réellement factuelles ?

Mauvaise nouvelle : on ne peut pas vraiment. Sauf si vous entreprenez de suivre une méthodologie scientifique pour chaque décision, il y aura toujours une marge d’erreur et de biais. C’est naturel et c’est ce qui fait qui vous êtes, en tant que cavalier : imparfait et subjectif. Le principal, la priorité, c’est que vous fournissiez autant de confort que possible à votre cheval.

Je sais, je sais… Je vous ai annoncé que cet article allait traiter de comment construire des ponts entre les mondes du cheval. J’y viens. Mais d’abord, il est absolument fon-da-men-tal de se comprendre soi-même. Il ne sert à rien de vouloir évangéliser le monde et de dialoguer sereinement si vous n’êtes pas conscient de vos propres caractéristiques. Vous êtes votre outil principal de communication, prenez-en soin et apprenez à l’utiliser avec justesse avant de mettre en pratique…

Donc d’abord, on doit apprendre à se baser sur les faits. J’ai plein d’ouvrages à vous recommander, à commencer par Factfulness de Hans Roling, un livre absolument incroyable et nécessaire. Il est bourré de recommandations excellentes sur ce sujet, sans parler du fait que vous apprendrez des choses vraiment très importantes sur le monde. La vidéo ci-dessous est sous-titrée en Français et vaut le détour.

Afin d’y parvenir, il est toujours utile de s’armer de plusieurs paires d’yeux fiables (généralement, on favorise des gens meilleurs que soi pour que cela ait une réelle utilité). Il est important de cerner votre problématique (“est-ce que mon cheval est factuellement plus confortable s’il est couvert quand il pleut ?”, de bien saisir tous vos paramètres contextuels (météo, vent, présence d’abri, confort dans le groupe, qualité/quantité de la nutrition, qualité/quantité de l’entraînement, situation ostéo, situation podologie, et j’en passe), et de choisir quel est le fait observable qui vous servira de jauge (ici, cela peut-être le confort musculaire notamment du dos… raideur, texture, souplesse, emploi du dos, etc – ou bien le comportement du cheval… ne cherche plus à s’abriter absolument, est énergique malgré la mauvaise météo, etc.).

Baser son approche sur des faits n’est pas chose facile. Nos biais multiples sont très fortement présents et il n’est pas simple de les ignorer…

3. Comprendre notre fonctionnement humain

L’idée n’est pas de vous faire un cours sur la psychologie. L’idée, c’est de vous encourager à vous connaître mieux vous-même (#Socrate) pour mieux comprendre les autres et donc, vous encourager à construire des ponts équestres avec des personnes différentes. Nous défendons plus tard pourquoi, de notre point de vue, il est important de tendre la main aux autres, aussi différents soient-ils.

Les biais cognitifs. Ça vous parle ? En voici 72 parmi les plus courants. 72, c’est beaucoup. Mais il en existe encore plus… Imaginez à quel point votre intuition peut vous tromper ! Dans un genre un peu plus fun, Fabien Olicard possède une chaîne YouTube qui analyse et déconstruit régulièrement le fonctionnement de notre intuition et comment l’illusion fonctionne.

L’excellent ouvrage de Daniel Kahneman, Système 1 / Système 2, est un incontournable de la psychologie du 21ème siècle et vous ouvre les portes sur tous ces innombrables biais.

Impossible de ne pas citer La Tronche en Biais, une excellente chaîne YouTube entièrement dédiée aux biais cognitifs… Une perle.

Le cavalier et le cheval forment une équipe, dont le leader est en grande partie le cavalier : c’est lui qui, globalement, prend les grandes décisions. Il fait donc sens d’apprendre à comprendre l’humain, et notamment sa psychologie. La psychologie humaine et la neurologie n’ont jamais autant été vulgarisée qu’aujourd’hui. C’est une ère magnifique pour mieux se comprendre. En arrivant dans cet univers bourré de ressources scientifiques fiables, vous pouvez comprendre tous les biais cognitifs, et à quel point notre cerveau est une machine incroyable mais dont il faut parfois se méfier, ou bien qu’il faut mieux comprendre.

Surtout, cela permet de comprendre que tous les humains fonctionnent pareil… Et que même si, parfois, on est particulièrement étonné par la position d’un autre individu, on oublie que lui, est probablement tout aussi étonné par la nôtre. Les biais cognitifs ont un effet très puissant, et cela s’observe quotidiennement. L’observation factuelle est très difficile, et c’est la raison de vivre même de la science. Si c’était facile d’avoir une démarche scientifique, alors tout le monde le ferait.

Par exemple, malgré toutes les preuves objectivables et difficilement réfutables que l’on a concernant l’aspect sphérique de la planète Terre, on a toujours des centaines de milliers de personnes qui défendent l’idée que la Terre est plate. Je n’entre ici pas dans un débat philosophique et j’éviterai les métaphores à la Matrix (“après tout, et si c’était eux qui avaient raison ?” le débat est intéressant, certes, mais les faits observables sont quand même difficilement discutables en 2020 concernant la forme de la planète). Les théories du complot n’ont jamais eu autant de succès qu’à l’ère des réseaux sociaux – sans parler du Covid (cf. le documentaire de Netflix).

4. Utiliser les techniques de gestion émotionnelle

Donc, on a pris le temps de l’introspection, de comprendre notre parcours, de s’éduquer sur la pratique d’objectivation des faits, sur le fonctionnement du cerveau humain et sur les biais cognitifs. A ce stade, le lecteur devrait comprendre que se comprendre soi, c’est indispensable pour comprendre l’autre.

Maintenant, parlons d’échanges.

Aaaah, le monde du cheval, ses techniques archaïques, ses chevaux traités comme des mobylettes, ces cavaliers qui projettent tous leurs problèmes sur leur animal… Il y a des choses qu’on aimerait ne plus jamais voir, pas vrai ? C’est là que votre capacité à communiquer devient absolument essentielle.

Pour communiquer correctement, on a d’abord besoin de gérer correctement ses émotions lorsque les propos ou les actions de quelqu’un d’autre nous dérangent, nous blessent, ou nous agacent. Le fitness émotionnel, on en parle souvent ici concernant les chevaux… Et pourtant, les humains peuvent l’améliorer aussi :

  • Changez votre relativité. Parfois, sortir de son petit univers et penser à d’autres humains dont les situations sont différentes, voire pires, permet de se rappeler que, finalement, on a quand même beaucoup de chance.
  • Si vous ne parvenez pas à changer vos pensées, agissez sur votre comportement (techniques cognitivo-comportementales). Typiquement, si vous avez un tempérament colérique, et que vous sentez l’agacement monter, arrêtez et quittez la pièce. Sortez-vous du contexte qui vous fait monter en pression pour éviter de dire ou faire des choses que vous allez regretter.
  • Apprenez à prendre de la distance avec vos pensées et vos émotions, par la pratique de la méditation (pleine conscience).
  • Si vous avez tendance à imaginer le pire, imaginez également des solutions aux pires scénari… Faites la liste des scénari possibles, puis notez leur probabilité. Vous réaliserez très vite que, bien souvent, le pire scénario est hautement improbable.
  • Suivez les préceptes des accords toltèques, notamment : ne jamais rien prendre personnellement. Celui-ci est peut-être le plus important en matière d’émotionnel lié aux relations humaines. Apprenez que vous n’êtes pas le centre du monde… C’est un soulagement considérable que de comprendre que ce que les autres font et disent, ils le font d’abord et avant tout pour eux-mêmes.

D’une façon générale, le travail de gestion émotionnelle est comparable à l’entretien d’une plante. C’est un travail régulier, à faire toute la vie. Avec une plante, il ne suffit pas de l’arroser une seule fois pour qu’elle vive épanouie toute une vie ! Chez vous, c’est pareil : méditer une fois ne suffit pas. Il va falloir mettre en place des pratiques concrètes, régulières, pour constamment entraîner votre esprit et améliorer de plus en plus votre bien-être émotionnel.

Enfin, tout comme chez les chevaux, les émotions sont un signal. Elles montrent des limites, elles offrent des messages. Il faut apprendre à les comprendre, à les étudier, à les observer, et à nourrir celles qui vous tirent vers le haut, vous apportent un mieux-être et vous rendent donc plus agréable pour vous et les autres.

5. Utiliser les techniques de communication

Si vous souhaitez mieux communiquer avec vos collègues cavalier, il existe des dizaines de techniques pour offrir un cadre dans lequel prendre ses marques. Je vais encore taper sur les réseaux sociaux, mais à l’heure où l’on communique derrière son écran, sans face à face, il y a quelques règles de politesse et d’amabilité qui se perdent, créant ainsi une atmosphère plutôt pas reluisante.

On ne va pas rentrer dans le détail, donc je vous balance quelques conseils avec des ressources pour aller plus loin :

  • Pratiquez l’écoute active : tout comme avec les chevaux, communiquer avec les humains, cela commence par comprendre l’autre. Si vous voulez tout le temps expliquer sans ne jamais écouter et comprendre les autres, vous parlez dans le vide et vous flattez votre égo. D’abord, apprenez à réellement et sincèrement écouter attentivement les autres. Cliquez ici pour aller plus loin.
  • Pratiquez l’empathie : de la même façon, une bonne technique consiste à s’imaginer réellement dans la vie de l’autre. Je vous arrête tout de suite : vous devez REELLEMENT vous l’imaginer, et pas affirmer “que vous n’auriez pas fait pareil” en balayant l’exercice du dos de la main. Comprenez le tempérament, l’expérience, le passé, de la personne. Quelques idées ici pour explorer cette notion.
  • Apprenez à repérer les triangles dramatiques : ce triangle décrit une manipulation malsaine entre deux personnes les amenant mutuellement à alterner entre trois rôles. Victime, Persécuteur, et Sauveur. Wikipédia vous donne des infos sur le sujet.
  • Impossible de ne pas citer les techniques de CNV, Communication Non Violente : encore une fois, Wikipédia fournit une page assez riche. Les 4 points clé sont relativement bien résumés ici également. Observation, Sentiment, Besoin et Demande : l’observation invite à retirer les jugements de valeur et à ne pas généraliser. Ensuite, l’expression de vos sentiments est la seconde étape. Ces sentiments permettront d’identifier vos besoins assouvis ou non. Enfin, plutôt que d’attendre de l’autre de lire dans votre tête, exprimez clairement vos attentes ou votre demande afin d’aider l’autre à vous comprendre.

6. Construire des ponts, pas ériger des murs

Construire des ponts entre les différentes cultures équestres… J’ai toujours adoré le sport équestre, et je m’en étais éloignée par “sacrifice”, parce que c’était globalement “mal”, et que je pensais que tout le monde dans le sport était pareil (autrement dit, sûrement de gros abrutis qui n’ont rien compris aux chevaux). Pourtant, très vite, j’ai eu des clients avec des approches incroyables, des chevaux très bien dans leurs baskets, parfois bien mieux que ceux qui cochaient toutes les cases du cavalier “parfait”. J’ai été étonnée de constater ça. J’ai mis du temps à comprendre qu’en fait, blâmer les autres, les faire culpabiliser, ça n’était pas ce que je voulais faire, car je ne trouvais ça pas du tout efficace et en plus, très désagréable.

Je vais prendre un exemple simple. Si quelqu’un est agréable, sympathique, vous écoute, vous comprend, et apporte des idées sans vous forcer la main, en agissant comme un soutien, ou un ami… Vous serez toujours plus enclin à lui faire confiance, à être intéressé par ses choix, aussi curieux soient-ils. Vous aurez envie d’échanger avec cette personne, et vous l’écouterez peut-être même souvent.

Si quelqu’un vous assène de vérités en vous faisant sentir comme si vous n’aviez rien compris (alors même qu’on parle de votre passion), en vous rabaissant même indirectement, en vous faisant culpabiliser, sans écouter ce que vous avez à dire et sans comprendre vos problèmes… Vous aurez tendance à vous sentir agressé, et à ne pas trop avoir envie de prolonger la relation. Vous changerez peut-être certaines choses sur le court terme, parce que vous n’avez peut-être pas envie d’être dans le conflit ou de vous sentir rejeté. Mais sur le long terme, cette relation aura un goût amer.

C’est humain.

Il n’y a jamais un bord exemplaire et l’autre diabolique. Il y a de tout, de tous les côtés : des gentils, des méchants, des suisses. Chaque humain est soumis aux mêmes lois neurologiques et psychologiques, et par conséquent, la plupart d’entre nous fera des erreurs de communication, d’interactions, blessera quelqu’un sans le vouloir ou manquera de maîtriser ses émotions à un instant où c’était nécessaire.

Chacun évolue également à sa propre vitesse. Bien entendu, il y a des maltraitances inacceptables, mais il faut savoir placer le curseur de façon réaliste et rationnelle. Garder le dialogue ouvert et ne pas avoir des attentes surréalistes des autres. Le spectacle “Intolerant” de Jim Jefferies, mon second maître spirituel après Cardi B (ouais déso pour les ref mais c’est comme ça) résume bien ma pensée (non je n’ai pas d’actions chez Netflix) :

7. Communiquer et éduquer : la mission de Blooming

On arrive au bout de cet article et j’espère qu’il vous aura apporté des pistes concrètes et utiles pour mieux comprendre et évoluer ensemble.

Chez Blooming Riders, notre coeur de mission est d’informer qualitativement et de vous donner les clés pour vous former. Pour être meilleur chaque jour, pour mieux comprendre votre cheval, pour évoluer sans cesse.

Quelle que soit votre expérience, votre parcours, votre culture équestre et votre cheval, l’objectif est que vous ayez des ressources éprouvées sur le terrain et basées sur des évènements factuels, identifiables et observables pour devenir meilleur et aider votre cheval.

Sources :

  • Factfulness de Hans Rosling
  • Stumbling on Happiness de Daniel Gilbert
  • Think, Fast and Slow de Daniel Kahneman
  • Predictably Irrational de Daniel Ariely
  • Flow de Mihaly Csikszentmihalyi
  • The Science of Well Being par Laurie Santos sur Coursera

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