L’importance du sternum : une clé de voûte

Le sternum, c’est quoi, et pourquoi est-ce vraiment un paramètre postural essentiel ? Loin de nous la volonté de faire mieux que ces délicieux articles rédigés par Eugénie Cottereau il y a longtemps. Tant de génie dans une personne, nous ne saurions mieux faire qu’elle, et c’est d’ailleurs pour cela que nous l’avons attrapée pour notre programme Locomotion & Conformation. (d’ailleurs, il est très bien noté par ceux qui l’ont suivi : vous feriez bien d’aller y jeter un coup d’oeil). Elle avait en effet longuement parlé des muscles pectoraux et thoraciques ici, ainsi que des divers soucis de garrots et de scapulas concernant la selle ici. Bref, aujourd’hui, c’est le sternum qui nous intéresse.

Nos conseils sur le sujet

  1. Le sternum : c’est quoi, et où est-il ?
  2. Sternum bas, sternum haut
  3. Ce que le sternum dit sur la ceinture scapulaire (et ce qu’est cette ceinture scapulaire)
  4. Pourquoi un sternum soutenu, c’est mieux

1. Le sternum : c’est quoi, et où est-il ?

On va pas enrober le message trop longtemps. Le sternum, c’est là :

Et même que vous, humains, en possédez un aussi. Et il est là :

On dit merci Wikipédia.

C’est un espèce d’os long et plat à la base de la cage thoracique.

En gros, l’importance du sternum chez le cheval réside dans une seule et unique chose : l’absence de clavicule. Faisons simple.

Chez vous, les deux épaules sont reliées. Par quoi ? Par la clavicule, pardi.

Chez le cheval, les deux épaules ne sont pas reliées de façon osseuse. Mais comment se fait-il que le thorax ne s’effondre pas lamentablement entre les deux antérieurs ? Grâce à la ceinture scapulaire, pardi. On en parle mieux plus tard, mais grosso modo, ce sont les muscles pectoraux et des épaules. Grosso modo.

Du coup, le sternum devient un excellent indicateur de la tonicité de cette ceinture scapulaire…

2. Sternum bas, sternum haut

De même, je prends direct un raccourci et vous invite grandement à observer cette vidéo, où le sternum est très, très bas, à tel point que le cheval pourrait littéralement grandir s’il se tenait mieux.

L’indicateur ? Le coude ! Regardez le niveau du coude, et vous avez déjà un bel aperçu d’où se situe le sternum.

S’il est en-dessous : les muscles sont relâchés, le cheval ne tient pas son avant-main.
S’il est au niveau (voire au-dessus, si si, ça arrive) : les muscles sont toniques, le cheval tient son avant-main.

C’est évidemment TRES schématique et résumé, il y a des tonnes de variations possibles, mais c’est déjà un premier jet pour vous familiariser avec l’engin.

3. Ce qu’il dit sur la ceinture scapulaire (et ce qu’est cette ceinture scapulaire)

La ceinture scapulaire, elle joue un peu le rôle d’un gros hamac bien solide qui garde toute cette cage thoracique, ces vertèbres cervicales basses et les premières thoraciques bien en place. Si on devait faire une comparaison humaine, chez vous le périnée joue grosso modo le même rôle (il évite que vos précieux organes ne s’effondrent lamentablement, ce qu’on ne souhaite pas. D’où l’importance d’un périnée bien solide comme il faut, et d’où les rééducations de ce muscle phénoménal après l’accouchement, sinon des choses pas drôles peuvent survenir).

Mais là, on ne parle pas vraiment d’organes, mais déjà juste de tenir tout cet énoooorme thorax.

La ceinture scapulaire, elle se résume en deux mots : pec et épaules. Je vous renvoie au divin article traduit par Eugénie ici pour que vous compreniez bien le rôle de l’avant-main dans la qualité de l’autoportée.

Je tente une version raccourcie, car je sais que sur Internet il y a toujours quelqu’un pour venir compléter aimablement chaque manquement.

En gros…

Ceinture scapulaire mollassonne => pas de tenue vers le haut et vers l’avant de l’avant-main => cheval qui charge les épaules et l’avant-main => cheval qui fonctionne en traction => déséquilibre et pas d’auto portée.

A l’inverse…

Ceinture scapulaire pouissante (en Belgique, on dit “poui” et pas “pui”, je m’adapte aux coutumes locales) => cheval capable de soulever son avant main vers le haut et l’avant => cheval qui libère les épaules, charge les postérieurs => cheval qui fonctionne en propulsion => équilibre et auto portée possible.

Wouah, j’ai osé simplifié à ce point. Les puristes vont me taper sur les doigts, mais honnêtement, je suis fière de mon explication – j’espère que ça sera bien clair dans vos têtes, sinon ma mission a échoué et mon acte de bravoure sera vain.

Wowowowo, attendez deux secondes là. On n’a MEME PAS dit de quels muscles était composée cette fucking ceinture.

Je reprends également les schémas utilisés par Eugénie pour vous donner une idée rapide de leur intérêt :

Droits : Dressage Headlines / Hillary Clayton
Droits : Dressage Headlines / Hillary Clayton

Fiou, ça va mieux.

4. Pourquoi un sternum soutenu, c’est mieux

Bon là, normalement, vous devriez avoir plus ou moins capté pourquoi Eugénie nous rabâche le sternum dans tous les sens dans le cours Locomotion & Conformation. Oui, elle est peut-être un peu obsessionnelle (poke Eugé, <3 4 ever), mais surtout, il faut le dire : quel indicateur simple et facile à observer pour tous ! Ce petit coup d’oeil au niveau du sternum permet rapidement de comprendre comment notre cheval soutient son avant-main.

En gros, un sternum soutenu, c’est un indicateur d’un bon développement des muscles de l’avant-main, qui eux-mêmes peuvent se développer si le cheval est bossé dans un équilibre favorisant la propulsion et l’auto-portée. Le rêve de tout cavalier, ou presque.

En dehors des enjeux ergonomiques, qui est le job de notre réseau favori Ergonomie Equestre, ici, l’enjeu, c’était surtout de vous permettre de comprendre la place du sternum, et de vous donner les clés pour améliorer votre observation du cheval. Normalement, ici on est au stade où vous allez regarder votre cheval, et probablement pleurer. Mais nous vous inquiétez pas, on est tous dans le même bain. Un jour, nos chevaux auront un sternum brandi haut et fier, soutenu par tous ces pouissants muscles qu’on aura développés grâce à toutes nos compétences incroyables de cavalier. C’est précisément pour cela qu’il faut s’inscrire sur Blooming Riders.

Allez, à la prochaine.

Sources :

  • le blog saddlefitting.fr
  • les travaux d’Hillary Clayton
  • le programme Locomotion & Conformation
  • le savoir étendu d’Eugénie Cottereau

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Les commentaires

Hortense Gruel

- 23 novembre 2020 à 15 h 29 min

Hyper interessant, schémas très clairs: je comprends bien que lorsque le sternum est bas, je ne peux pas toucher le coude et que je peux beaucoup plus facilement s’il est haut. Maintenant quels sont les bons exos pour travailler cette ceinture scapulaire et remonter le sternum !! J’attends votre réponse avec impatience car j’aimerai travailler au mieux une jeune jument de 4 ans. Merci !!

Lucie Gérard

- 25 novembre 2020 à 9 h 57 min

Bonjour Hortense !
Merci pour votre retour sur notre article. Vous trouverez énormément d’exercices dans les différents programmes de dressage sur la plateforme. Il s’agit d’un tout, il n’est pas possible de vous donner des exercices en particulier. Si votre jument n’est pas encore débourrée, le travail sur barres au sol et cavalettis ainsi que l’apprentissage d’une posture adéquate sont déjà de très bons outils (vous retrouverez cette histoire de posture dans notre programme Jeune Cheval courant décembre).