Quand se termine le débourrage ?

La définition même du mot débourrage est variable selon les cultures de chaque cavalier. Pour certains, un débourrage, c’est simplement la première fois que l’on monte un cheval. Pour d’autres, ce sont les trois allures réussies sans encombres. Pour d’autres, c’est un cheval avec un arsenal de codes plus aboutis. Selon vous, qu’est-ce que le débourrage, exactement, et quand est-il terminé ?

Nos conseils sur le sujet

  1. L’éducation de base universelle au sol
  2. L’éducation pré-débourrage
  3. Le débourrage
  4. Post-débourrage : la préparation physique

1. L’éducation de base universelle au sol

Avant même d’explorer le concept du débourrage, tous les chevaux (et leurs propriétaires) sont concernés par la notion d’éducation au sol. En effet, tous les chevaux devront être manipulés pour que les soins quotidiens, mensuels ou annuels soient réalisés facilement :

  • vaccins
  • piqûres diverses
  • curer les pieds, soigner en cas de problème
  • parage, ferrure
  • rentrer, sortir du pré, du box, changer de lieu d’habitat
  • marcher en main
  • gérer sa peur face à des objets étranges
  • douche, etc..

Même si vous n’avez pas d’ambition particulière, armer votre cheval d’une éducation digne de ce nom, c’est une responsabilité universelle qui concerne tout le monde. Pourquoi ? Une bonne éducation, c’est donner les outils émotionnels, réflexifs permettant à votre animal d’appréhender son environnement, de gérer de nouveaux apprentissages confortablement, et de communiquer avec vous sereinement.

Ici, donc, pas de débourrage ou de pré-débourrage sans bien installer des notions solides au sol :

  • confiance totale en vous, en vos outils, et en l’environnement
  • compréhension profonde du respect de la bulle
  • gestion des récompenses alimentaires avec calme et facilité
  • suivi des sensations du licol et des doigts sur son corps
  • compréhension de la pression rythmique

Une fois que cela fonctionne bien, on peut passer au pré-débourrage.

2. Le pré-débourrage : préparer au cavalier

De notre point de vue, le pré-débourrage, c’est tout le travail qui prépare physiquement et mentalement le jeune cheval à accueillir un cavalier sur son dos. En d’autres mots, il va un step plus loin que le premier point !
Ici, tout est exploré avec cette visée en tête. Les points sur l’aspect mental à développer seront notamment les suivants :

  • habituation dans tous les sens à ce qui se met sur le dos, au-dessus du cheval, qui serre sa cage thoracique, qui se place derrière lui (longues rênes par exemple, tracter des objets)
  • fitness émotionnel, qui passera principalement par la découverte d’objets, de texture, en carrière et en extérieur
  • comprendre différents placements du cavaliers : au-dessus avec le dextre, derrière avec les longues rênes ou le travail dans des zones reculées (ventre, croupe, voire derrière)

On peut bien entendu rajouter beaucoup de choses, tant le pré-débourrage est une étape riche en apprentissages pour le cheval et son cavalier. Il existe également une préparation posturale que je ne néglige jamais, car elle offre également du confort et des bons réflexes au jeune cheval lors des premières mises en selle :

  • enseigner l’extension d’encolure
  • les variations d’équilibre avec des transitions
  • comprendre comment répartir son poids entre ses 4 membres
  • travaux de proprioception sur des barres au sol
  • abord de cavalettis pour découvrir le fonctionnement global de son dos et de son équilibre en général
  • l’extérieur, toujours et encore pour les mêmes raisons, et construire un cardio préparatoire

Ce travail peut prendre beaucoup de temps pour certains chevaux… Il est l’élément-clé de la réussite du débourrage en tant que tel. Si celui-ci est bâclé, on augmente les risques que le débourrage se passe mal.

3. Le débourrage

Sur Blooming, nous définissons le débourrage comme le processus de mise en selle du jeune cheval, jusqu’à l’autonomie aux trois allures et avec une direction simple facile et légère. A ce stade, le cheval doit déjà avoir eu la selle, sanglée, sans qu’elle ne cause plus aucune réaction de surprise ou même de défense. Elle doit faire partie du paysage.

L’acte du débourrage peut facilement prendre plusieurs séances, puisqu’on estime qu’il est terminé lorsque le cavalier peut se déplacer seul sur le jeune cheval aux trois allures, avec des transitions montantes et descendantes comprises et une direction tout à fait correcte et légère. De la première monte, peut-être faite en longe, jusqu’aux premières balades, on peut aller jusqu’à plusieurs semaines de travail si le cheval en a besoin…

Il existe bien sûr de multiples façons de faire. Dans notre programme, nous vous conseillerons autant que possible de privilégier la sécurité ; et la sécurité, elle passe par une éducation rigoureuse avec une priorité absolue sur la confiance. Si votre cheval n’est pas 100% en confiance, vous perdez des points de sécurité, c’est très simple.

On peut donc passer du temps à explorer le montoir :

  • se présenter au montoir
  • sac à patate de plus en plus franc et naturel
  • premiers montoirs et descentes

Puis, une fois l’étape montoir facile et comprise, on fera les premières mises en avant. Je ne rentrerai pas dans le détail sans contexte pédagogique, il existe une multitude d’enseignants pour vous orienter, et bien entendu, notre programme Jeune Cheval à venir.

4. Le post-débourrage : le début de l’entraînement physique

Une fois que le cheval se balade, tourne, transitionne hyper facilement… Et qu’il semble prêt mentalement et physiquement, il est temps de démarrer l’entraînement pour la discipline à laquelle il est destiné.

Ici, c’est l’étape où l’on introduit le mors dans notre cas – nous débourrons systématiquement sans mors. Si cela vous intéresse de comprendre pourquoi, dites-le nous en commentaire et on dédiera un article à part entière là-dessus.

Une fois le mors introduit et accepté (l’idéal : mettre un petit mors discret et laisser le cheval manger du foin plusieurs fois…), on va démarrer tous les petits travaux de cession et flexion au sol pour apprendre au cheva à suivre la pression tactile du mors dans tous les sens. Enfin, on va démarrer un travail postural en selle, dans lequel on va enseigner au cheval comment tendre la ligne du dessus, et rentrer dans de la technique… Les épaules devant les hanches, entrer dans des codes plus subtils de préparation physique.

Voilà, ici, notre jeune cheval est paré pour vivre sa vie de cheval avec son humain d’une façon sereine et facile pour lui. Je n’insisterai jamais assez : le temps est votre meilleur outil pour les chevaux, et surtout pour les jeunes chevaux.

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