Quel dressage pratiquez-vous avec votre cheval ?

Quel dressage pratiquons-nous avec notre cheval ?

Pas besoin de chercher bien loin sur le net pour réaliser que le dressage est à l’origine de débats tumultueux au sein de la communauté équestre ! Si vous suivez Blooming Riders, vous devez probablement savoir que nous avons un profond amour pour l’ouverture d’esprit, l’échange, le partage et le mélange de disciplines et d’approches variées. Ainsi, nous avons eu l’occasion d’organiser une conférence menée par Lydie Karoutchi (Lydie K dressage), une cavalière de dressage française qui a sillonné les routes européennes. Cela lui a permis de comprendre profondément les différentes approches du dressage et du cheval en Europe.

Cavaliere sur cheval alezan
Droits réservés Lydie K dressage.

Cette cavalière a eu le courage (il faut oser le dire !) de sortir des sentiers battus de ses prédécesseurs en allant à la rencontre de cavaliers de tous types… Ce qui lui a permis de déterminer 4 grands courants de dressage. Lesquels sont-ils ? Quels sont leurs fondements de base ? Enfin, finalement, et si vous pratiquiez un peu de tous ?

Nos conseils sur le sujet

  1. Gardez un esprit ouvert : tous les courants ont quelque chose à apporter
  2. Le courant classique (français)
  3. Le courant germanique
  4. Le courant britannique
  5. Le courant hollandais
  6. La conférence de Lydie Karoutchi sur le sujet

NB : merci de garder la conversation polie 🙂 on sait que le dressage et le cheval créent des vagues rapidement et pour pas grand chose… Gardons la tête froide, du recul, et tentons d’apprendre ensemble ! On vous prévient déjà, on ne tolérera pas de commentaire hargneux ou agressifs. La liberté d’expression tient sa limite dans le respect d’autrui, aussi bien dans la vraie vie que sur Internet ! 😀

Un petit mot sur Lydie Karoutchi : après s’être formée pendant de nombreuses années auprès de Patrick Le Rolland, Lydie a régulièrement travaillé avec Tinneke et Imke Bartels à l’Academy Bartels en Hollande.

cavalière au trot
Photos Droits Réservés Lydie Karoutchi

1. Gardez un esprit ouvert : tous les courants ont quelque chose à apporter

Ces dernières années, le dressage n’a pas vraiment gagné le coeur du grand public. En effet, de multiples scandales, des actes de maltraitance et autres problèmes graves ont entaché la réputation de cette discipline pourtant si indispensable. En effet, le travail sur le plat, c’est la base universelle pour toute pratique équestre !

S’il est évident que les abus doivent être condamnés, cette discipline a énormément évolué au cours des 10 dernières années. Aujourd’hui, c’est avec une focale concentrée sur ses aspects positifs que nous parlerons des courants identifiés par Lydie Karoutchi !

Notre première recommandation est de ne jamais prendre les choses pour acquises. Peut-être avez-vous pleinement exploré un courant bien particulier, et peut-être que vous y avez découvert quelque chose d’exceptionnel… Qui vous convient bien, et qui semble convenir à votre cheval. Si c’est le cas, tant mieux ! Il n’y a rien de plus plaisant que cette sensation d’avancer main dans la main avec sa monture, en apprenant toutes les techniques d’un courant que vous appréciez.

Même si c’est votre cas, gardez toujours à l’esprit que dans le vivant, il existe une vérité individuelle. Même si certaines sciences dures, comme la physique (dont la biomécanique et la cinématique font partie), les principes, les valeurs, et la pratique même de l’équitation sortent souvent de cela pour s’inscrire dans une idéologie. Cela possède des avantages et des inconvénients… Essayons de cultiver les avantages, c’est-à-dire des valeurs fortes de respect de l’animal et de la pratique d’une belle équitation, sans nourrir les inconvénients, autrement dit, une vision bouchée par des oeillières et qui ferme des portes.

2. Le courant classique (français)

Attention, toutes les notions avancées ici sont issues uniquement de la vision de Lydie Karoutchi. Elles forment donc un point de vue ! Si vous souhaitez en savoir plus, nous vous invitons à regarder sa conférence, disponible ici.

Selon Lydie, le courant classique français est le plus ancien. Sans rentrer dans un historique complet de l’équitation française, il est souvent celui que l’on qualifie de “dressage classique”. Bien entendu, au sein même de la branche “française”, on retrouve des dizaines et des dizaines de variations et d’affluents aux idées plus ou moins similaires et/ou arrêtées !

Ici, Lydie ne décrit que le courant “puriste” qu’elle a identifié au cours de sa carrière, à travers la lecture des grands maîtres classiques, etc. Ne soyez pas offusqué si vous n’êtes pas entièrement d’accord… On le rappelle, ceci est SON point de vue 🙂

patrick le rolland sur cheval gris
Patrick Le Rolland

Description :

  • courant le plus ancien, remonte à 4000 ans av. J.-C.
  • système d’aides diagonales, jambe interne rêne externe
  • les jambes restent au contact
  • les actions de main ne sont pas taboue, avoir du contact un peu plus (légèreté de contact)
  • ce courant a fortement influencé l’Allemagne
  • s’appuie sur les écrits des grands maîtres
  • les définitions de la FEI sont basées sur le dressage classique

Aujourd’hui, selon Lydie, le jugement en dressage favorise ce courant. Par exemple, on aimera voir une nuque plus ouverte plutôt que fermée. Il existe bien entendu de nombreux écrits, modernes et anciens, qui ne sont pas toujours (voire rarement) d’accord entre eux…

3. Le courant germanique

Ah, le bon vieux rêne extérieure/jambe intérieure… Eh bien, figurez-vous que les allemands ont emprunté cela aux français !

Une grande partie de l’équitation allemande puise ses fondements dans les principes classiques (donc français, vous suivez ?). L’équitation germanique s’offre la fameuse échelle de progression (dont on parle en long, en large et en travers dans le programme Dressage Basics) en 1954. Celle-ci deviendra la fondation de l’équitation pratiquée au niveau international et reste l’un des standards modernes, de par sa facilité d’usage par tous les entraîneurs.

Description :

  • Steinbrecht et Plinzner figurent parmi ses chefs de file
  • Usage du système d’aides diagonales jambe interne rêne externe
  • effets d’ensemble courants (mains et jambes en même temps)
  • l’échelle de progression définit l’ordre des priorités
  • usage fréquent des demi-parades pour rééquilibrer le cheval
  • usage fréquent de l’épaule en avant

Comme dans tout courant, il existe une palette très large d’interprétation des écrits et de la tradition équestre en question. Ainsi, le dressage germanique ne façonne pas qu’un seul cheval. Il existe en effet autant de façon de pratiquer cette équitation que d’entraîneurs… En outre, il s’agit de l’un des pays les plus médaillés en dressage. Il y a donc fort à parier que le dressage que vous pratiquez avec votre cheval reprenne beaucoup de ses principes fondamentaux !

4. Le courant britannique

Est-ce que le Royaume-Uni serait en train de développer sa propre approche ? En matière de dressage et de cheval, les britanniques se sont nettement démarqués ces dernières années. Impossible, ici, de ne pas citer Carl Hester que Lydie désigne comme le chef de file d’un courant britannique récent et qui a placé le Royaume-Uni au top des classements mondiaux ces dernières années.

Carl Hester en compétiton
Carl Hester. D.R. FEI

Selon Lydie, Carl Hester est un entraîneur d’exception qui a navigué à travers de nombreuses écuries aux approches différentes. Il a notamment un héritage germanique fort, puisqu’il a travaillé avec le Dr. Bechtolsheimer. Il maîtrise également les techniques germaniques, hollandaises, classiques, et est capable de piocher le bon de chaque courant selon les besoins du cheval.

D’un point de vue plus personnel, on ajoutera que Carl Hester est réputé pour sa capacité à dresser absolument n’importe quel type de cheval… Dont des chevaux de chasse à cour, des chevaux hyper modestes, des ibériques… On est loin du cliché du cavalier de dressage qui ne connaît que de grands KWPN noirs et qui est incapable de sortir des “bons” chevaux. L’écurie de Carl Hester est également connue pour sa rigueur sur la sortie quotidienne des chevaux en prairie, souvent par paire, et ce toute l’année et tous les jours. Ce qui en fait un ovni dans un milieu dans lequel les chevaux sont évalués à des prix faramineux et sont surprotégés tant les enjeux financiers sont considérables.

charlotte dujardin caresse son cheval
Charlotte Dujardin. D.R. Horse & Hound

Description :

  • Base d’écrits classiques (Cavendish notamment)
  • Tradition équestre basée sur l’extérieur, et les courses hippiques
  • Carl Hester est clairement à l’origine d’une définition d’un courant britannique
  • le dressage du cheval se fait selon les outils et techniques de tous les autres
  • système d’aide variable, il pioche en fonction du cheval et de ses besoins

En Grande-Bretagne, il existe toujours bon nombre de concours sur herbe aussi bien en dressage qu’en saut d’obstacle. Cette tradition d’équitation d’extérieur (notamment du concours complet) leur donne une teinte particulière et assez différente des 3 autres courants.

5. Le courant hollandais

Ce pays dénué de tradition équestre a dû se construire une équitation entièrement de A à Z. Ses chevaux de sport, élevés sous le stud book du KWPN, sont très récents également. Ayant une tradition de chevaux d’attelage (notamment les frisons), toutes les pratiques de ce pays sont historiquement les plus récentes. Ce petit pays facile à unifier s’est réuni autour de la construction d’une équitation moderne, basée sur des écrits classiques, puis développée sur base d’analyses vidéos des meilleurs couples mondiaux.

Le courant hollandais simplifie encore au maximum le dressage et chaque cheval se voit attribuer des priorités différentes.

Description :

  • ils ne suivent pas l’échelle de progression
  • tout est basé soit sur le rythme, soit sur la décontraction
  • l’usage des aides est simple : deux mains, deux jambes égales, mains sans jambes, jambes sans mains
  • Pour eux, le rythme couplé à la décontraction donnent automatiquement la rectitude

C’est le système le plus jeune des 4 courants présentés. Le courant néerlandais effectue beaucoup de recherche et innove constamment en outils de mesure. Bien entendu, comme dans les autres courants, il existe de grandes variations et approches… Et chaque entraîneur possède ses propres influences et habitudes !

6. La conférence de Lydie Karoutchi sur le sujet

Si vous souhaitez explorer ce sujet en profondeur, nous avons filmé toute la conférence de Lydie sur le sujet. Amoureux du dressage, du cheval, et de l’ouverture, cette conférence vous plaira forcément. Vous pouvez l’acheter ici pour la modique somme de 15€. Ensuite, vous y aurez accès à vie !

En savoir plus sur nos programmes.

Sources :

  • La conférence “Les 4 courants de Dressage” disponible sur Blooming Riders
  • L’expérience de terrain de Lydie Karoutchi
  • Les écrits classiques français
  • Les maîtres classiques allemands

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