Travailler son cheval au sol : comment et pourquoi

Travailler son cheval au sol … Est-ce que c’est réellement possible ? 
Le travail à pied peut-il apporter une amélioration sportive et posturale de notre cheval ? Et si oui, comment ?
Aujourd’hui, Blooming Riders vous donne quelques conseils pour remettre votre cheval en forme et vous propose plusieurs exercices afin de l’entraîner sportivement, tout en restant au sol.

Si la thématique confinement se glisse lentement dans la catégorie “passé“, la vie amène parfois son lot de surprise. Un changement de carrière, une famille qui s’agrandit, des études à l’étranger, une blessure, bref : rares sont les cavaliers qui travaillent leurs chevaux avec une régularité parfaite les 365 jours de l’année.

Si, pour x raison, vous ne montez plus à cheval, ou vous êtes contraints à rester au sol, vous pouvez également utiliser cet article pour vous donner des idées d’entraînement du cheval dans un travail en longe.

C’est parti !

La règle n°1 : le sport, ça s’apprend

Inutile de vous jeter à bras le corps dans ces exercices en pensant que votre cheval va les réaliser immédiatement comme sur la vidéo. Ca ne sera probablement pas le cas. Comme toute pratique physique, il faut qu’il en comprenne les rudiments de base.

Démarrez donc cette remise en forme au sol avec le bon état d’esprit pour tout Homme ou Femme de cheval. On dé-com-pose, encore et encore.

Si votre objectif est de travailler sur des cavalettis, mais que votre cheval ne l’a jamais fait ; mettez toutes les chances de vos côtés en commençant par vous assurer qu’il est à l’aise sur plusieurs barres au sol surélevées en quinconce. Si déjà, avec une légère surélévation, votre cheval semble perdu… Eh bien assurez un franchissement impeccable après des dizaines de passage sur plusieurs barres au sol simples. Et si avec 3 ou 4 barres au sol, ça n’est pas super fluide, retirez-en ! Pensez “babysteps” : votre grand objectif est en haut d’un escalier. Chaque marche représente une petite étape à franchir.

Sur cet état d’esprit seulement, peut-on démarrer notre entraînement.

Exercice 1 : Faire voyager le cercle

Dans la méthode Parelli, on appelle ça des “traveling circles”, des cercles qui voyagent.

L’objectif ? Alterner des lignes droites et des cercles, pour exploiter toute la taille de votre piste, et pour faire varier le tracé. 

Le challenge ? Le cheval ne doit pas accélérer lorsqu’il se retrouve temporairement en ligne droite, et doit donc bien répondre au stick devant lui comme freinage. 

L’intérêt ? La variation rend le tracé plus intéressant, permet d’exploiter plus d’espace et donc travailler à allure vive avec peu de contrainte, faire découvrir toute la piste en échauffement, alterner courbe et ligne droite demande au cheval de réguler rythme et équilibre.

Quand l’effectuer ? En échauffement léger, au trot, au galop, et ce aux deux mains, il permet de préparer doucement le corps en augmentant le rythme cardiaque, sans trop de contrainte sur la posture. Il permet aussi de préparer en douceur le cheval à se concentrer sur le cavalier, tout en observant l’espace dans lequel il va évoluer.

Exercice 2 : l’escargot

Cet exercice, proposé dans notre Dossier de Remise en Route par Sandrine Ratoret, est la spirale version travail en longe.

L’objectif ? Faire varier la taille du cercle en l’élargissant et en le rétrécissant régulièrement.

Le challenge ? Le cheval doit faire tout cela en gardant l’incurvation, sans tracter à l’élargissement, et sans résister au rétrécissement, sans précipiter en élargissant et sans perdre l’allure en rétrécissant.

L’intérêt ? Cela demande au cheval d’étirer le côté externe par le biais de l’incurvation. On lui demande également d’engager les abdominaux et de charger l’arrière-main pour conserver l’équilibre. Cela ressemble beaucoup à des demandes qui peuvent être faites montées.

Quand l’effectuer ? En deuxième ou troisième exercice de séance, idéalement au trot. Le préparer au pas est une bonne idée pour que le cheval comprenne bien l’exercice une fois à allure plus vive.

Exercice 3 : les barres au sol

Ce classique du travail à pied permet aux cavaliers d’explorer leur imagination débordante. Allez, enfilez une paire de guêtres, et c’est parti ! Pour plus d’informations, nous avons rédigé un grand article uniquement sur le sujet chez Fouganza, à lire ici.

L’objectif ? Améliorer la proprioception du cheval, connecter sa tête à son corps, réguler le rythme.

Le challenge ? Le cheval doit bien réfléchir, ne pas foncer dans le tas ni faire des strike par paresse, il doit soulever ses pieds intelligemment. 

L’intérêt ? Oh, le dieu des barres au sol a été bon… Les barres au sol ont une quantité d’usage indénombrable ! 2, 4, 12 barres d’affilée, en ligne droite ou sur la courbe, surélevées, en quinconce, en cavalettis… Le cheval travaille son rythme, son équilibre, le soutien du sternum, du garrot, la force de l’arrière-main et des postérieurs, sa souplesse et son rebond. Sa proprioception peut prendre un sacré coup de boost. Que du positif…

Quand l’effectuer ? Puisque la difficulté de ce travail dépend de l’exercice, disons : sur des barres au sol strictes, cela peut arriver après l’échauffement. Si vous explorez des combinaisons complexes avec cavalettis multiples, mettez cela en troisième exercice sur un cheval prêt à aller plus loin.

Exercice 4 : les transitions

Ne soyez pas déçus : les transitions, c’est bien plus complexe que ce que vous pensez ; on vous donne ici 2-3 idées pour les rendre variées, utiles, voire compliquées.

L’objectif ? Améliorer la balance entre avant et arrière-main (jeu du yoyo), renforcer l’arrière-main, le soutien du dos.

Le challenge ? Le cheval doit effectuer ses transitions dans une posture correcte. Alors attention ! Si déjà, d’un point de vue strictement éducatif, votre cheval ne répond pas toujours impeccablement à vos demandes de transitions montantes ou descendantes, allez faire un tour sur le programme Horsemanship Basics pour voir comment faire. Une fois qu’il répond vraiment très bien, on peut se préoccuper de sa posture.

L’intérêt ? Cela prépare grandement le travail des transitions en selle. Pas besoin de matériel, et cela vous force à travailler sur votre communication : la qualité des transitions dépend d’abord et avant tout de la qualité de réponse de votre cheval.

Quand l’effectuer ? Après l’échauffement, ou comme échauffement. Après l’échauffement, essayez de les rapprocher de plus en plus : c’est plus difficile ! Enchaînez trot-arrêt-reculer-galop, par exemple… Ca, c’est un beau défi. Pendant l’échauffement, faites l’inverse : faites en régulièrement mais sans les rapprocher pour ne pas surcharger un corps pas encore prêt. 

Dans notre dossier de Remise en Route,que vous pouvez télécharger ici gratuitement, nous vous proposons tout un programme de remise en route, qui est applicable à n’importe quel type de remise en route, après une convalescence, des vacances, une absence prolongée ou autre longue pause. En somme, même si vous avez monté pendant le confinement, je vous conseille de télécharger ce dossier de 160 pages, disponible maintenant pour encore un certain temps de façon gratuite. Il sera un atout précieux pour affronter des moments d’arrêts, qui peuvent survenir pour des raisons très diverses dans la vie de tous.

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Les commentaires

Claire Barbarin

- 4 juillet 2020 à 13 h 30 min

Merci, pour ça et encore encore !!!!
Actuellement dans une pose physique pour moi, je trouve le temps bien long et j’ai l’impression de tourner en rond, alors les idées d’exos sont les bienvenues !