Un débourrage selon les personnalités équines

Les personnalités équines, vous connaissez ? Ce concept originaire de la méthode Parelli est un outil très précieux à utiliser sur le terrain avec vos chevaux. Attention ! Ce concept n’a pas de bases scientifiques, mais il repose sur une observation empirique qui fait plus que ses preuves auprès des professionnels qui l’utilisent. On espère, qu’un jour, les scientifiques s’y intéresseront de plus près pour concrétiser cette approche formidable que Linda Parelli a largement contribué à vulgariser. Aujourd’hui, nous nous intéressons au débourrage : comment celui-ci va se dérouler en fonction du tempérament propre de votre cheval ? On vous donne quelques clés.

Nos conseils sur le sujet :

  1. Les personnalités équines : qui est mon cheval ?
  2. Le débourrage pour les cerveaux gauches introvertis
  3. Le débourrage pour les cerveaux gauches extravertis
  4. Le débourrage pour les cerveaux droits introvertis
  5. Le débourrage pour les cerveaux droits extravertis

1. Les personnalités équines : qui est mon cheval ?

Tout d’abord, nous avons besoin de situer à peu près votre jeune cheval. Les personnalités équines se divisent en 4 : cerveau gauche extraverti, gauche introverti, cerveau droit extraverti, droit introverti.

Mais puisque j’avais déjà réalisé des vidéos assez complètes sur le sujet, je vous remets les 4 ici :

Je pourrais parler des personnalités équines pendant des heures. Ce concept, je le trouve extraordinairement bien fait et très abouti. Linda Parelli en est la représentante principale, puisque c’est elle qui a élaboré, construit et développé son enseignement dans les moindres détails. C’est une image pédagogique qui m’a aidée un nombre de fois incalculable avec toutes sortes d’étudiants et de chevaux.

Une fois que vous avez repéré dans quelle “catégorie” se trouve votre jeune cheval, voici les grandes lignes du débourrage en fonction de sa personnalité.

2. Le débourrage pour les cerveaux gauches introvertis

Le gauche intro, c’est celui qui demande “What’s in it for me?” (qu’est-ce qu’il y a pour moi, là-dedans ?). Autrement dit, il doit y trouver un intérêt pour développer sa motivation. Pour résumer, le gauche introverti a plutôt tendance à avoir le frein à main tiré, et semble souvent s’ennuyer profondément.

Son challenge ? La motivation ! Celui-ci, il a tendance à se braquer fermement sur ses 4 membres, et à être sérieusement agacé et ennuyé par vos demandes.

Les erreurs à éviter :

  • ne pas rester bloqué en phases 2-3 : une gestuelle bruyante et peu claire va continuer de l’enfoncer dans l’ignorance la plus totale. Soyez clairs et polis, employez systématiquement une très belle phase 1, et n’ayez pas peur d’employer une phase 4 s’il vous ignore.
  • ne pas utiliser 10 phases 4 peu efficaces, mais plutôt 1 seule qui fonctionne : la phase 4 dépend de votre cheval, c’est celle qui le fait bouger. Plutôt que d’en utiliser beaucoup qui ne donnent pas ou peu de résultats, simplifiez avec une seule qui fera l’affaire. Sinon, vous désensibilisez le cheval, en plus d’avoir une conversation franchement pas agréable.
  • répéter trop. Ce sont des chevaux qui apprennent plus vite que leur ombre, priorisez la qualité plutôt que la quantité !
  • mettre trop de mouvement, trop vite : ils sont un peu diesel ! Ils ont besoin d’abord que vous accrochiez leur esprit, avant d’attraper leurs pieds. Proposez donc des exercices de précision, lents, mais compliqués, et intégrez du mouvement à petite dose.

Dans le cadre d’un débourrage, voici quelques éléments à prendre en compte :

  • Favorisez une exploration de l’environnement, via notamment l’exercice du touch-it (toucher avec le nez, l’antérieur ou un postérieur tout ce qui vous passe par la tête !).
  • Privilégiez l’extérieur ! A pied, en longues rênes, et à cheval pour les premières fois également.
  • Le “point-to-point” : donnez du sens aux déplacements. Allez d’un point A à un point B. Donnez toujours un début et une fin clairement délimitée à vos exercices. Donnez du sens !

Notre programme sur les tempéraments Malins & Paresseux

3. Le débourrage pour les cerveaux gauches extravertis

Celui-ci, c’est Val, le sujet de notre programme Jeune Cheval.

Il veut s’amuser, et surtout, il ne veut pas qu’on fasse le chef avec lui (sa phrase : “You’re not the boss of me!” – tu n’es pas mon chef !). Donc sans devenir un petit chef aigri et contraignant, il faut développer notre leadership. Et le leadership ne se résume absolument pas à maîtriser les phases 4 !

Son challenge ? Être volontaire ! Eh oui, celui-ci n’aime pas qu’on lui dicte les règles et n’aime pas trop qu’on le dirige. Il va falloir donc opter pour des stratégies où on mélange habilement fun, amusement et cadre un peu ferme pour éviter les débordements dangereux. Il doit être convaincu que vous écouter donne toujours des résultats amusants et agréables pour lui !

Quelques erreurs à ne pas faire avec lui :

  • manquer de leadership : le leadership, c’est plutôt le fait de proposer une construction de séance fun, tout en restant ferme sur les limites, sans les appliquer de façon émotionnelle, tout en anticipant et en mettant le cheval dans des situations où il peut gagner : autrement dit, réussir ce qu’on lui demande.
  • être ennuyeux et scolaire… Il a besoin de créativité, de mouvement, peu de répétitions mais beaucoup de nouveauté et de jeu !
  • le sous-estimer : comme son collègue introverti, il apprend à la vitesse de la lumière, et mieux vaut avancer aussi vite que lui !
  • ne pas appliquer de cadre : ça n’est pas parce qu’il est jeune et mignon que le “non” doit disparaître. Le “non”, c’est normal de l’aborder à un jeune âge : tant qu’il n’a pas touché les bords du cadre, il ne peut pas savoir où ceux-ci se situent !

Dans le cadre du débourrage, favorisez :

  • le mouvement, loin de vous ! Laissez-le faire ses cabrioles, laissez-le exprimer sa joie, tout en proposant des patterns un peu difficiles qui explorent le “drive” (le fait de l’éloigner de soi) et le contrôle de l’avant-main. Par exemple, le pattern de la feuille qui tombe, ou encore, les changements de main sur le cercle, les cercles qui voyagent dans toute la carrière, le touch-it au trot ou au galop d’un point A à B.
  • La créativité, la variété et la nouveauté. Cherchez sans cesse de nouveaux exercices. Surprenez-le pour le garder intéressé !
  • La qualité plutôt que la quantité. Ne vous contentez pas d’une réponse médiocre, mais quand vous obtenez une très bonne réponse, passez à autre chose.

On fera donc très attention, avec lui, sur la préparation et l’anticipation, sur le cadre et la fermeté, tout en le sollicitant avec un maximum de choses nouvelles pour le garder éveillé et stimulé.

Notre programme Jeune Cheval – Education

4. Le débourrage pour les cerveaux droits introvertis

Celui-ci, c’est le cheval que l’on parvient difficilement à cerner. Il est complexe à lire, tant il garde beaucoup à l’intérieur… De l’extérieur, il a l’air terriblement gentil et sage. Il semble accepter tout, à tel point qu’on va souvent au-delà de ses limites sans même le réaliser. Puis… Il explose, et cela sort de nulle part ! Pourtant, si l’on apprenait à le lire, on verrait des signaux subtils : il ne cligne pas des yeux, garde une posture figée, se met en apnée, garde la bouche pincée… Autant de choses qui démontrent qu’il est mal à l’aise.

Son challenge ? La confiance ! Avoir confiance en l’humain, en ses gestes, en l’environnement, en l’apprentissage. Il préfèrerait devenir une petite souris et faire semblant de ne plus exister plutôt que de se confronter au monde extérieur…

Les erreurs à éviter avec ces grands sensibles :

  • aller trop vite : ralentissez tout… Aussi bien la vitesse d’apprentissage que vous imposez, que vos gestes. Prenez le temps, soyez maîtrisé et lent dans vos gestes, laissez-lui le temps de lire et de sortir de sa bulle.
  • ignorer les signaux subtils d’inquiétude : même si tout “semble” aller bien, n’ignorez pas les petits pincements et les petits signaux qui sont les prémices de l’anxiété.
  • ne pas faire de pause : ceux-là ont besoin de grands moments de “rien”. Ces moments leur laisse le temps de réfléchir sans être trop sollicités, et de se désinhiber progressivement. En leur laissant le temps de réfléchir, vous leur donnez confiance en vous.
  • bâcler le jeu de l’amitié : si vous allez trop vite sur les jeux de confiance, vous risquez de le payer cher plus tard. C’est maintenant qu’il faut perdre beaucoup de temps sur le jeu de l’amitié, pour qu’il soit solide toute sa vie.
  • les traiter comme du cristal : oui, certes, ils sont très sensibles et on ne veut pas les inquiéter. Cependant, faites attention à quand même établir un cadre. Percevoir clairement ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire va les rassurer. La clarté est très importante avec eux.

Dans le cas d’un poulain, la stratégie va être simple : il va falloir être d’une patience éternelle et privilégier la confiance par-dessus tout. Une fois ce cap passé, ce sont des chevaux qui apprennent extrêmement vite et qui peuvent même passer un peu cerveau gauche extraverti !

Début de programme (non terminé) sur les tempéraments Anxieux & Imprévisibles

5. Le débourrage pour les cerveaux droits extravertis

Ahhh, nos chers chevaux droits extravertis, l’archétype de l’animal de proie à la fuite facile ! Ces chevaux très instinctifs ont le mouvement facile, voire très facile. Bouger les aide à se sentir mieux, à gérer les montées d’adrénaline, et c’est leur réponse automatique à toute situation.

Son grand challenge ? Le calme ! Connecter ses pieds à sa tête, revenir sur Terre, apprendre à observer et à ne pas réagir trop instinctivement… Une fois la tempête émotionnelle passée, c’est un cheval extrêmement studieux et d’une générosité sans limite.

Les erreurs à éviter :

  • les forcer à rester arrêtés quand ils sont très stressés. Laissez-les bouger, et canalisez-les en utilisant un exercice répétitif qui demande à ces chevaux de se concenter un minimum sur ce qu’ils font. Par exemple, un travail sur le cercle avec des barres au sol. Des déplacements latéraux. Des changements de main sur le cercle.
  • ne mettre aucun cadre : ces chevaux ont parfois besoin d’un cadre un peu strict lorsque leurs émotions les dépassent. Cela leur permet de revenir sur Terre et de redescendre en pression.
  • enchaîner pleins d’exercices sans attendre que le premier ait apporté de la décontraction. Contrairement aux cerveaux gauches, ceux-ci ont besoin de longuement répéter, très longuement… Laissez-les installés sur un exercice répétitif incluant du mouvement, jusqu’à amélioration : plus léger, plus concentré, plus calme, plus disponible… Puis faites une pause avant de passer au prochain exercice.
  • ne faire que du mouvement : alternez exercices dynamiques, attendez que ceux-là apportent du calme, puis travaillez sur des exercices statiques une fois le calme arrivé.
  • ne pas assez répéter : ce sont des chevaux qui ont parfois besoin d’énormément répéter pour qu’un exercice soit acquis dans le calme. Si vous prenez le temps de répéter autant de fois qu’il en a besoin, vous pouvez être sûr d’avoir inscrit cet exercice en lui de façon très solide.

Lorsqu’il s’agit d’un poulain, on va donc beaucoup s’attarder sur le relationnel et sur la confiance.

Notre programme sur les tempéraments Stressés et Explosifs

Sources :

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